Acétamipride : la Belgique valide définitivement l’usage de cet insecticide sur la betterave et la pomme de terre

La Belgique vient de franchir une étape décisive en validant définitivement l’usage de l’acétamipride, un insecticide controversé, pour la protection des cultures de betterave et de pomme de terre. Alors que certains pays européens, comme la France, restent très prudents voire opposés à cette substance, le gouvernement belge a opté pour une démarche réglementaire claire, mettant fin aux dérogations annuelles qui limitaient jusqu’alors son utilisation. Ce changement s’inscrit dans un contexte de débat intense sur les produits phytosanitaires, où la lutte contre les ravageurs doit être conciliée avec la préservation de l’environnement et l’ambition d’une agriculture durable.

Depuis plusieurs années, l’acétamipride fait partie des néonicotinoïdes, une famille d’insecticides pointée du doigt pour leurs effets potentiellement délétères sur les insectes pollinisateurs. En dépit des études scientifiques montrant certains risques, notamment pour les abeilles, sa réintroduction en Belgique s’appuie sur des analyses qui ne le jugent pas « dangereux pour la santé humaine ni pour l’environnement ». Cette décision suscite néanmoins des controverses, en particulier en France où une pétition rassemblant plus d’un million et demi de signatures réclame l’interdiction de cet insecticide, témoignant d’un clivage profond sur la régulation des produits phytosanitaires entre pays voisins.

La spécialité Gazelle 120 SL, contenant 120 g/l d’acétamipride, a officiellement reçu une autorisation de mise sur le marché permanente en Belgique dès janvier 2026. Cette validation réglementaire prévoit des applications ciblées sur la betterave aux stades BBCH 12-19 et BBCH 31-49, ainsi que sur la pomme de terre, incluant à la fois les plants et les tubercules destinés à la consommation. Cette approche encadrée avec deux traitements pour la betterave et un traitement unique pour la pomme de terre par campagne vise à limiter l’usage abusif et préserver l’efficacité de la substance tout en maîtrisant son impact environnemental.

  • 🇧🇪 La Belgique officialise l’usage de l’acétamipride sans dérogations annuelles
  • 🍠 Validation pour betterave et pomme de terre, deux cultures clés du pays
  • 🐝 Débat scientifique toujours vif sur les effets sur les pollinisateurs
  • 🚫 Contraste fort avec la France où l’acétamipride reste interdit
  • 🌿 Enjeux majeurs liés à une agriculture durable et à la protection des cultures

Acétamipride en Belgique : un tournant dans la réglementation des insecticides agricoles

Depuis plusieurs années, l’acétamipride était employé en Belgique sous forme de dérogations renouvelées chaque année, principalement dans la protection des betteraves. Cette molécule de la famille des néonicotinoïdes, utilisée pour lutter contre les pucerons vecteurs de la jaunisse nanissante de la betterave, a longtemps suscité des interrogations. L’arrêt définitif des dérogations et l’octroi d’une autorisation permanente en ce début d’année 2026 marque une nouveauté majeure dans la politique agricole belge.

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Cette décision a été précédée d’analyses approfondies portant sur l’impact de l’acétamipride sur la santé humaine et l’environnement. Contrairement à la France qui a banni tous les néonicotinoïdes en 2020, la Belgique s’appuie sur un cadre scientifique qui ne qualifie pas ce produit d’« intrinsèquement dangereux ». L’exemple du Gazelle 120 SL, avec son dosage précis de 120 g/l, illustre la volonté de maîtriser son usage, tout en garantissant un outil efficace contre les ravageurs. Le courrier envoyé aux distributeurs et prescripteurs le 14 janvier 2026 par la société Certis Belchim marque le lancement officiel de cette nouvelle ère réglementaire.

La validation permanente de l’acétamipride en Belgique ne se limite pas à la betterave. Elle concerne aussi la pomme de terre, une culture essentielle dans le paysage agricole belge. L’objectif est de protéger ces cultures contre les pucerons et le doryphore, un ravageur redouté. La réglementation impose un seul traitement par campagne sur la pomme de terre, ce qui participe à éviter une surutilisation. Cette stratégie illustre les efforts de rationalisation autour des produits phytosanitaires, pour mieux concilier efficacité et protection des écosystèmes.

Les controverses européennes autour de l’acétamipride et ses impacts environnementaux

Si en Belgique l’acétamipride bénéficie d’une autorisation définitive, la controverse persiste ailleurs en Europe. L’insecticide appartient à la catégorie des néonicotinoïdes, substances qui ont été accusées de jouer un rôle dans le déclin des pollinisateurs, essentiels à la biodiversité et à la sécurité alimentaire. Plusieurs études scientifiques ont mis en évidence une toxicité sublétale de ces produits sur les abeilles, affectant leur capacité à butiner et leur reproduction.

La France, en particulier, a interdit l’ensemble des néonicotinoïdes à partir de 2020, en réaction à ces préoccupations écologiques. La réintroduction partielle de l’acétamipride, notamment dans le cadre de la loi Duplomb en 2025, a suscité une levée de boucliers populaire, avec une pétition récoltant plus de 1,6 million de signatures demandant l’abrogation de cette mesure. Ce refus ferme contraste avec la position belge, où aucune contestation publique majeure n’a émergé.

La dichotomie entre efficience agronomique et souci écologique est au cœur des débats actuels. En effet, cet insecticide est reconnu pour son efficacité face aux pucerons, qui représentent une menace majeure pour la betterave sucrière et la culture de la pomme de terre. Sans traitement approprié, ces insectes peuvent transmettre des virus de jaunisse et causer de lourdes pertes économiques. Par ailleurs, la limitation des traitements à un ou deux par campagne est une mesure visant à réduire la pression chimique et protéger la faune environnante.

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Malgré tout, la question de la préservation des pollinisateurs reste cruciale. Certaines recherches suggèrent que même des doses faibles peuvent perturber leur comportement, donc une vigilance continue est indispensable. La Belgique suit également les recommandations européennes en matière de surveillance post-application, avec des protocoles stricts d’évaluation des risques et d’ajustements éventuels de l’autorisation si nécessaire.

La pression sociale pousse aussi les agriculteurs et distributeurs à s’engager davantage dans un usage raisonné et responsable des insecticides, favorisant ainsi une protection des cultures compatible avec les enjeux environnementaux.

Comparaison de l’usage de l’acétamipride en Belgique et en France : réglementation et pratiques agricoles

Alors que la Belgique a choisi de pérenniser l’utilisation de l’acétamipride dans l’agriculture, la France maintient une position restrictive majeure. Depuis 2020, l’insecticide est interdit sur le territoire français, conformément à une politique stricte contre les néonicotinoïdes visant à encourager des alternatives moins impactantes.

En France, les agriculteurs doivent compter sur des insecticides différents, comme le Teppeki, autorisé dans la lutte contre les pucerons de la betterave. Quant au Movento, produit contenant du spirotetramate, il bénéficie encore de dérogations limitées mais verra son usage diminuer fortement à partir de fin 2025, conformément aux décisions européennes.

La situation met en lumière les défis auxquels sont confrontés les agriculteurs français, qui cherchent à protéger leurs cultures dans un contexte réglementaire complexe. Le refus d’introduire à nouveau l’acétamipride tient à la volonté de réduire au maximum les risques pour les pollinisateurs, mais la limitation des alternatives aggrave parfois la vulnérabilité des récoltes.

Aspect 🔍Belgique 🇧🇪France 🇫🇷
Statut réglementaireAutorisation définitive de l’acétamiprideInterdit depuis 2020
Types de cultures concernéesBetterave, pomme de terreBetterave (insecticides alternatifs)
Nombre de traitements autorisés2 pour betterave, 1 pour pomme de terreAlternatives avec dérogations limitées
Controverses publiquesPeu visiblesImportantes, forte mobilisation
Impact environnemental perçuSurveillance renforcéePrudence maximale

Cette comparaison souligne les choix divergents face à des enjeux identiques : protéger les cultures tout en préservant les écosystèmes. La Belgique privilégie une régulation pragmatique tandis que la France adopte une démarche plus préventive.

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Perspectives et enjeux pour une agriculture durable face à l’usage de l’acétamipride

À l’heure où la transition vers une agriculture plus durable est une priorité centrale à l’échelle européenne, la validation de l’acétamipride en Belgique soulève des questions cruciales. Comment concilier l’efficacité des traitements phytosanitaires avec la protection de la biodiversité et la santé des agriculteurs et des consommateurs ?

L’acétamipride bénéficie d’une réputation d’efficacité face aux pucerons, qui peuvent gravement compromettre les rendements. Son usage contrôlé, notamment par un encadrement strict des phases d’application et des doses, tend à limiter les risques. Cette approche pragmatique est soutenue par des agriculteurs belges qui soulignent le besoin d’outils fiables pour sécuriser leurs récoltes, en particulier dans un contexte climatique marqué par des phénomènes météorologiques parfois défavorables à la santé des plantes.

Cependant, les préoccupations autour des pesticides ne cessent de croître, poussant à investir davantage dans la recherche d’alternatives moins invasives. Des techniques intégrées, combinant lutte biologique, pratiques culturales adaptées et sélections variétales résistantes, sont encouragées pour réduire la dépendance aux produits chimiques. Il est probable que l’avenir de l’acétamipride s’inscrive dans ce cadre global, où il resterait un recours ponctuel plutôt qu’une solution systématique.

Les organismes européens comme l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) et les agences nationales surveillent en continu l’impact des insecticides. Le suivi post-commercialisation sera déterminant pour ajuster les conditions d’usage ou envisager des restrictions futures si des effets néfastes sont confirmés. Cette vigilance participe d’un équilibre délicat entre sécurité alimentaire, santé publique et protection de l’environnement.

  • 🌱 Encourager les pratiques d’agriculture intégrée pour réduire l’usage des insecticides
  • 🔬 Poursuivre les études scientifiques sur les effets réels de l’acétamipride
  • 👩‍🌾 Informer et former les agriculteurs à une utilisation raisonnée des produits phytosanitaires
  • 📊 Mettre en place des mécanismes de suivi et de contrôle rigoureux post-utilisation
  • 🤝 Favoriser un dialogue inclusif entre scientifiques, agriculteurs et décideurs politiques

Qu’est-ce que l’acétamipride et à quoi sert-il ?

L’acétamipride est un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, utilisé principalement pour lutter contre les pucerons dans les cultures de betterave et de pomme de terre.

Pourquoi l’acétamipride est-il interdit en France alors qu’il est autorisé en Belgique ?

La France a interdit l’acétamipride en 2020 en raison de préoccupations liées à son impact sur les pollinisateurs et l’environnement, tandis que la Belgique considère, sur la base d’études, que son usage contrôlé est compatible avec la protection des cultures et l’agriculture durable.

Quels sont les risques environnementaux liés à l’usage de l’acétamipride ?

Les principaux risques concernent la toxicité pour les insectes pollinisateurs, comme les abeilles, ce qui peut perturber les écosystèmes et la biodiversité locale.

Comment la Belgique encadre-t-elle l’utilisation de l’acétamipride ?

La Belgique autorise deux applications sur la betterave et un traitement unique sur la pomme de terre par campagne, avec un suivi rigoureux de l’impact environnemental et des protocoles de contrôle.

Quelle est l’alternative à l’acétamipride en France ?

En France, les agriculteurs utilisent d’autres insecticides comme le Teppeki contre les pucerons de la betterave, tandis que le Movento, autorisé temporairement, verra son usage cesser d’ici fin 2025.

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